Cette hausse ne correspond pas à un “coup de pouce” politique, mais à une
revalorisation automatique prévue par le Code du travail lorsque l’inflation
dépasse certains seuils.
Une hausse automatique du Smic
au 1er juin 2026
Le mécanisme est prévu par
l’article L.3231-5 du Code du travail : lorsque l’indice national des prix à la
consommation atteint une hausse d’au moins 2 % par rapport à l’indice constaté
lors du dernier établissement du Smic, le salaire minimum de croissance est
relevé dans la même proportion, à compter du premier jour du mois suivant la
publication de cet indice.
L’Insee a confirmé que les prix à
la consommation ont augmenté de 2,2 % sur un an en avril 2026. Cette hausse est
notamment portée par l’accélération des prix de l’énergie et des produits
pétroliers.
Cette évolution déclenche donc une
revalorisation automatique du Smic au 1er juin 2026.
Quel sera le nouveau montant du
Smic au 1er juin 2026 ?
Depuis le 1er janvier 2026, le
Smic horaire brut est fixé à 12,02 €, soit 1 823,03 € brut par mois pour un
salarié à temps plein sur la base de 35 heures hebdomadaires. Ces montants ont
été fixés par le décret du 17 décembre 2025.
Avec une hausse annoncée autour de
2,4 %, le Smic mensuel brut passerait à environ : 1 866,78 € brut par mois
Cela représenterait environ 43,75
€ brut supplémentaires par mois pour un salarié à temps plein rémunéré
au Smic.
Le Smic horaire brut passerait,
sous réserve de confirmation officielle, d’environ 12,02 € à 12,31 €
brut.
Ce n’est pas un coup de pouce
du gouvernement
Il faut distinguer deux
mécanismes :
D’abord, il existe les
revalorisations automatiques du Smic. Elles interviennent chaque année au 1er
janvier et peuvent aussi intervenir en cours d’année lorsque l’inflation
atteint le seuil prévu par le Code du travail. Service-public.fr rappelle que
si l’indice des prix à la consommation augmente d’au moins 2 % par rapport à
l’indice constaté lors du dernier montant du Smic, le Smic est automatiquement
augmenté dans les mêmes proportions.
Ensuite, le gouvernement peut
décider d’une hausse supplémentaire, souvent appelée “coup de pouce”. Dans le
cas de la hausse du 1er juin 2026, il ne s’agit pas d’un coup de pouce, mais
d’une revalorisation mécanique liée à l’inflation.
Quelles conséquences pour les
employeurs ?
Pour les entreprises, cette hausse
implique plusieurs vérifications en paie dès le mois de juin 2026.
Il faudra d’abord contrôler que
tous les salariés rémunérés au Smic ou à un niveau proche du Smic respectent
bien le nouveau minimum légal. Cela concerne notamment les salariés à temps
plein, les salariés à temps partiel, les contrats d’apprentissage, les contrats
de professionnalisation et certains salariés dont la rémunération est calculée
en pourcentage du Smic.
Il faudra également vérifier les
minima conventionnels. Lorsqu’un minimum conventionnel devient inférieur au
Smic, l’employeur doit appliquer le Smic si celui-ci est plus favorable au
salarié. À l’inverse, si la convention collective prévoit un minimum supérieur,
c’est ce minimum conventionnel qui doit continuer à s’appliquer.
La hausse peut aussi avoir un
impact indirect sur certains éléments calculés en fonction du Smic :
rémunération des alternants, exonérations, réductions de cotisations, seuils
sociaux ou paramètres conventionnels lorsque la convention collective fait référence
au Smic.
Points de vigilance pour la
paie de juin 2026
Les gestionnaires de paie devront
notamment vérifier :
- Le nouveau taux horaire du Smic dès
publication du texte officiel.
- Les salariés rémunérés au
minimum légal, afin d’éviter toute rémunération inférieure au Smic.
- Les temps partiels, car le
contrôle doit être fait au prorata du temps de travail.
- Les apprentis et contrats de
professionnalisation, dont la rémunération est souvent exprimée en
pourcentage du Smic.
- Les minima conventionnels,
pour appliquer le montant le plus favorable entre Smic légal et minimum
conventionnel.
- Les paramétrages du logiciel de
paie, notamment les constantes Smic, les rubriques liées aux allègements de
cotisations et les bases de calcul dépendant du Smic.
À retenir
Le Smic devrait augmenter
d’environ 2,4 % au 1er juin 2026, en raison de la reprise de
l’inflation. Cette hausse est automatique et résulte du mécanisme prévu par le
Code du travail. Elle ferait passer le Smic mensuel brut d’environ 1
823,03 € à 1 866,78 € pour un temps plein, sous réserve de
confirmation par le texte officiel.
Pour les employeurs, l’enjeu est
simple : sécuriser les paies de juin 2026 en contrôlant les salariés au Smic,
les minima conventionnels, les contrats en alternance et les paramètres du
logiciel de paie.
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